Hivernale 2010 : en toute intimité

19/12/2010

… Avec une partie au coin du feu et une partie pour profiter de l’ambiance féérique des Noëls de cartes postales.

Rien n’aura manqué pour cela : la joie de retrouver des amis, le décor fait de petites maisons à colombages se penchant au-dessus de la rivière, les lumières, la neige en abondance, les étals pleins de cadeaux ou de douceurs d’où montent des parfums de cannelle, d’amande et de vanille suivant qu’on y sert massepain et biscuits traditionnels, gaufres, vin, amaretto (un délice !) ou chocolat chauds.


Nous étions peu nombreux, et les Audi encore moins. Seul Arnaud avait fait le déplacement en ancienne, son Coupé GT quattro, pour emmener sa petite famille devenue récemment plus grande. Les autres avaient pris une moderne équipée pour les conditions hivernales que la météo prévoyait, et au départ, au stand petit déjeuner à Jalhay, il y avait Jean-Pierre et Micheline, Mike, Daniel et Josiane, Jacques et Carine sans oublier Hugo, ainsi que Philippe, notre nouveau secrétaire. Et puisque dans 25 centimètres de neige, rien ne vaut le train, c’est le moyen de transport que j’avais choisi, au moins pour rejoindre Jacques.  Mauvais jour pour les manu, l’un déclarait forfait vu la longue route et les mauvaises conditions au départ de la région de Chimay, l’autre prévoyait de nous rejoindre directement à Montjoie, le temps de se remettre d’aplomb.

60 kilomètres de poudreuse devaient nous amener à Montjoie, et finalement personne n’aura suivi à la lettre le road book où un petit malin avait interprété « RSP » comme signifiant Reste Sur Place : « Allo Arnaud, je reste sur place pendant combien de temps ? »

A l’arrivée, la neige tombe dru, et nous nous dirigeons directement vers le point de rendez-vous, une vieille auberge avec son parquet grinçant, ses poutres de chêne et ses fenêtres à croisillons, qui se couvrent progressivement de buée au fur et à mesure que l’atmosphère se réchauffe. Alors que nous nous attendions à devoir disputer chèrement notre place, nous nous apercevons que nous sommes pratiquement seuls. Nous pouvons donc nous mettre à l’aise, prolonger la séance photos et passer commande.

En principe c’était simple : beaucoup imaginaient que le mot Bier allait résoudre pas mal de choses, c’était compter sans la variété d’appellations mystérieuses qui se cachaient derrière. Bref, beaucoup ont commandé à l’aveuglette, mais au final n’ont pas été déçus. Les plus prudents s’en sont tenu à Wein (il y avait juste à choisir weiβ ou rot) ou à Cola (light ou pas light ?). Pour manger, ce ne fut pas beaucoup plus simple.  Non, il n’y a pas de pintade au menu, non la barre devant le deuxième plat sur le papier soigneusement rédigé par Josiane ne correspond pas à un plat supplémentaire pour Philippe mais est le t final du mot précédent, oui l’escalope à la mode de Montjoie s’écrit Monschauer Schnitzel, mais se dit Schnitzel mit Senf. Pour corser le tout,  Philippe prendra bien le plat correspondant au t du papier, mais il avait déjà passé commande.

On a donc un plat en trop après seulement six commandes laborieusement passées. Au bord de la crise de nerfs, la mademoiselle de service reprend les choses depuis le début, et tout finit par s’arranger. Entre-temps, nous surveillons la fenêtre, des fois que manu arrive comme il était suggéré sur le forum, en traversant la rivière, lançant une corde ou une échelle et frappant au carreau. Même quand il est absent, il arrive à mettre de la bonne humeur !  Mais finalement, un appel nous apprend que son horizon artificiel est irréparable pour la journée, qu’il ne trouve pas le bouton « off » pour la musique boum-boum dans la tête, et qu’il ne viendra pas.
Après cela, vient le moment de découvrir Montjoie : de petites maisons qui s’alignent le long de la rivière au fond de la vallée ; la neige tombe et recouvre déjà les toits en telle quantité que les panneaux prévenant des possibilités d’avalanches sur les passants sont nombreux. Les échoppes sont plus attirantes les unes que les autres, et malgré le week-end, ce n’est pas la toute grosse foule même s’il y a du monde : la neige a du en refroidir pas mal. A ce sujet, elle continue à tomber de plus belle, certains s’abritent dans l’église, profitant de la musique qu’on y joue, et Daniel me gratifie d’un couvre-chef de circonstance pour me protéger. Qu’il en soit remercié. Pour réchauffer l’intérieur, il y a l’amaretto chaud et sa crème chantilly, difficile d’y résister.
Nous sommes dans les jours les plus courts de l’année, et le soleil décline déjà. De toute façon, nous avons terminé le tour complet de la ville, un petit vin chaud pour certains, et nous nous quittons déjà.  Il vaut mieux ne pas s’attarder, la route promet d’être difficile, et en effet, dès la première côte après la sortie de la ville, une camionnette en difficultés se retrouve sur le bas-côté.  Heureusement, pas d’autres encombrements, et chacun retrouve le chemin de son chez soi.  La saison 2010 est terminée, nous en tirerons encore plein de beaux souvenirs à se remémorer au coin du feu.