Rétromoteur de Ciney 2010 : Les coulisses d’un événement

On se souviendra que cet événement a laissé des traces, tant notre stand était, ne soyons pas faussement modeste, splendide… Savez-vous qu’à ce jour, on m’en parle encore ?
Il me parait donc intéressant de revenir sur l’événement car comment pourrions-nous imaginer ne pas en avoir de trace dans notre belle revue ? Les collectionneurs que vous êtes presque tous seront certainement ravis…
Ciney 2010 fut paradoxal dès le départ car ses fonds baptismaux se sont érigés sur la dernière pierre posée pour le Ciney 2009. L’instant était spécial… C’était lors du démontage du stand. Ce moment (tel une sorte de désintégration) est toujours très pénible pour moi car à chaque fois, j’ai cette impression de laisser un peu de nous sur ce site et c’est comme un aller sans qu’il n’y ait de retour promis. Quitter les lieux m’est donc toujours pénible. Imaginez tout de même que votre comité adoré a monté, là, un monde éphémère et y a laissé 3 jours de sa vie sans discontinuer, seulement dans le but de révéler notre communauté « des quatre anneaux ». C’est un don que nous faisons avec bonheur ; aussi, une fois tout cela terminé, je ne peux m’empêcher d’être nostalgique et le mot est faible.
En 2009, j’étais donc là, appuyé sur la remorque d’Etienne… Le stand est vide. Nounours (Etienne Robens pour les non initiés) est à côté de moi et soudain, devant tout ce vide, je songe déjà, comme pour me rassurer, à l’année prochaine. Bigre, 2010, ce sera les 30 ans de la quattro… Il faudra marquer le coup ! Avec les deux Etienne et Patrick autour de moi (si je me souviens bien) j’eus soudain une lumière et tout le stand se dessina… Un bic et l’idée jaillit sur un décimètre carré de papier froissé.
Il m’apparut nécessaire que le stand se révèle par la montée symbolisée du 100 CS quattro sur la rampe de saut à ski et qu’il se finalise par la commémoration de la toute première exposition de la Ur quattro, celle du salon de Genève en mars 1980.
Entre les deux, je voyais une exposition didactique qui permettrait au visiteur inspiré de pouvoir apprendre et comprendre toute l’épopée de la quattro. Avec le concours des amis qui commençaient à voir se germer cette idée, une liste des véhicules à exposer, se dressait. Tout était là ou plutôt déjà là ! Si j’avais les yeux rendu humides par la fin de la session 2009, ils s’étincelaient pour la perspective 2010 et j’y étais déjà. Ça paraissait évidemment utopique mais quand Nounours m’a affirmé que j’étais un « grand malade », j’ai su qu’on tenait le bon bout !
A le tenir, il ne faut pas le laisser s’échapper. Aussi, seulement 5 mois plus tard, c’est-à-dire plus d’une demi année avant l’événement, le premier carcan de l’organisation était dressé. Il faut savoir que sur les 10 voitures envisagées, 7 se sont retrouvées réellement à Ciney. Je crois qu’on ne fera jamais aussi bien…
Le 15 janvier 2010, notre stand est réservé. Désormais, impossible de faire marche arrière, il faut aller au bout de l’idée. Chaque détail est alors pensé en concertation et si, certes, certains ont encore du mal à y croire, la réalité se concrétise petit à petit malgré nos petits moyens.
A ce sujet, j’insiste car il reste et restera hors de question, au sein du comité, de malmener notre trésorerie. Notre club se veut abordable pour tous et donc il reste hors de question d’envisager des projets mégalomanes qui impliqueraient inévitablement des dépenses accrues et donc des cotisations qui pourraient en souffrir. Fage fut un des artisans de cette philosophie. Elle fut adoptée par tous et donc, j’en reste l’humble gardien. Il en résulte donc que la résolution n’est possible que par la loi de la débrouille et c’est en ce sens que tout le début 2010 fut employé…
Pour lever tout doute sur l’aventure qui allait nous attendre et ainsi confondre les réticences éventuelles, il m’est venu l’idée de faire une maquette. C’était une première qui alla au-delà des attentes. La maquette fut salutaire car, avec Arnaud, nous nous sommes rendu compte des lacunes du stand envisagé et c’est alors que les premières améliorations à l’idée génératrice sont parvenues. Ensemble, nous avons remis sur le métier les approches du stand, l’agencement idéal pour faire coïncider la didactique avec l’effet de découverte que nous souhaitions.
Maquette peaufinée, elle servira, via le forum, à vous révéler en image et à l’avance, ce qui se tramait. C’était inédit !
Rassuré sur le fond, il fallait désormais passer au concret. Un double front fut alors entamé : d’une part, s’assurer d’avoir les autos nécessaires et d’autre part réaliser l’outil didactique. Pour la première part, je sais désormais que le club peut compter sur toutes ses ouailles et c’est à chaque fois un plaisir de voir les membres si disponibles. Pour la seconde partie, l’idée fut que chaque voiture présentée allait représenter une part de l’histoire « Quattro » tout en se présentant elle-même. Les soirées d’hivers furent donc consacrées à concrétiser le rédactionnel. Il fallut lire et relire mes bouquins, mes revues et tout ce qui touche au sujet pour parfaire les connaissances et surtout avoir des textes crédibles et donc parfaitement exacts. Il fallut donc écrire et réécrire pour donner de cette histoire une sorte de résumé parfaitement réparti selon les modèles présentés par nos membres.
Une fois la structure établie, Etienne fut bien présent pour assurer la solidité littéraire des textes et Arnaud me seconda formidablement pour la mise en page. Il fit un travail remarquable et remarqué. Chaque affiche didactique était une vraie œuvre d’art et je crois que l’on peut affirmer que nous atteignons un niveau de finition proche du professionnel.
Nous voilà en avril, tout est en place et presque écrit, les voitures sont aussi toutes presque prêtes, Nounours et Jean-Claude sont déjà sur les starting-block avec leurs modèles réduits et nous organisons alors une ultime rencontre du comité « Ciney » pour s’assurer que tout soit bien géré. La logistique peut donc être abordée…
Une « pré-liste » déjà impressionnante est dressée et, comme à l’habitude, Etienne, notre cher secrétaire, se tient disponible avec son monospace et sa remorque.
Cette fois cependant, la logistique est amplement gonflée et les besoins vont grandissants. Arnaud fait encore des miracles en trouvant à prix dérisoire, le grand drap et la moquette qui serviront respectivement à représenter la rampe de ski et la base de l’expo «Salon de Genève». De mon côté, j’ai le bonheur de recevoir gratuitement de grands panneaux Audi de la part du garage Gaspard. Tout concourt donc à magnifier notre stand. Il reste encore à imaginer et acquérir le matériel pour lever la 100 CS quattro de Thierry. Avec chance, c’est encore gratuitement que j’obtiens deux solides embases de caoutchouc et quelques blocs béton. Notre ami Yvez Hiberniaux, outre de nous proposer en expo sa superbe Ur Quattro aux couleurs Audi Sport, nous met à disposition les rampes qui nous manquaient pour lever la 100 sur son promontoire… Et le camion qui va avec.
C’est là, ce qui permettra tout le reste car il s’avéra plus tard que tout l’espace du camion sera rempli pour permettre l’exposition.
Cette fois, nous sommes prêts et le samedi matin du premier jour d’expo, nous sommes tous en pèlerinage vers notre Mecque à nous : « Ciney expo » !!!
Tout le monde est là réuni, les manches retroussées pour y donner un coup et monter notre rêve 2010: « la commémoration des 30 ans de la quattro ». Si habituellement, il faut +/- 2h pour monter le stand, il en fallut cette fois plus du double, voire le triple… Mais quel résultat ! J’en reste encore ému et le souvenir des multiples mots de félicitations fut, pour notre club, le plus beau résultat à nos efforts réunis.
Regardez les photos pour vous en souvenir et ça se passe de commentaires…

Je pense humblement que le club « Audi Heritage » a fêté dignement les 30 ans de quattro, et pour vous souvenir de l’émotion ultime, je vous renvoie à mon message d’alors :
« …, le cafard les enfants… c’est abominable. Toute la journée de ce mardi m’a parue si futile à côté de ce qu’on vécu les trois jours précédents et pourtant c’est ce qu’on a vécu qui ne sert à rien aux yeux du commun des mortels… mais, n’y a-t-il rien de plus beau que ce dont nous sommes arrivés à faire ensemble avec si peu de moyen mais plein de volonté et de passion.
Au moins, à défaut de soulever des montagnes, ça soulève déjà des 100 CS quattro
Ciney 2010 est terminé (soupir) et quelle belle aventure ce fut ! Merci à tous d’avoir participer à la construction de ce morceau d’histoire. Nous formons un club vraiment formidable… »
Grâce à lui, l’avenir du passé est bien en route…
PS : Merci à : Thierry, Andrée, Yves, son frère, les Etienne (Lathuraz et Robens), Fage, les Patrick (D. et Maréchal), Thomas, Philippe, Jean-Louis, Jean-pierre, Jean-Claude, Christophe, Arnaud, et Carine, à vous tous qui m’avez aidé, épaulé et supporté dans cet oeuvre folle.