Auto-union F102

Une histoire familiale et une résurrection pour Audi

Certains se demandent souvent d’où vient notre passion. Il s’agit dans bien des cas d’un rappel à son enfance ou adolescence.

Indéniablement, il doit y avoir à la base un engouement particulier pour ce qui roule,… vient ensuite une affection particulière pour une forme, un son… puis un déclic se fait et soudainement une image, un modèle frappe. Il devient alors un rêve « automobile » qui s’installe en soi et… à un moment précis, il resurgit. La magie s’opère, le songe devient possible et il se concrétise enfin pour se loger en votre propre garage.

La collectionnite s’installe alors, devient progressivement aiguë puis, à force de fouiner, de s’intéresser, la passion se spécialise. Cela prend une telle dimension que votre entourage vous regarde avec envie, de pouvoir ainsi assouvir à ce point une passion, ou, plus fréquemment, commence à vous prendre pour un illuminé. C’est à ce moment que les choses deviennent intéressantes, si si…  car il ne se passe, dés lors, plus une réunion de famille où par compassion ou par amusement, on ne vous parle de votre passion.

Ainsi, insidieusement, on fait des découvertes étonnantes. Vous apprendrez qu’une Audi semblable à la vôtre se trouve à tel endroit… la nouvelle ne sera certes pas étonnante car vous reconnaîtrez là, un membre de notre club (cela va de soi J).
Parfois, on vous révèlera qu’une rareté est cachée sous la poussière d’un vieux hangar et là, c’est un nouvel article pour le club qui se prépare… En d’autres circonstances encore, vous apprendrez étonnamment qu’un membre de votre famille croit se souvenir d’un modèle familial qui aurait, il y a très longtemps porté le sigle des quatre anneaux.

Là, interloqué, vous creusez le sujet… et vous découvrirez la vie d’une auto et du passé d’un proche qui, à la belle époque, a touché de près l’objet de votre passion.

C’est ainsi qu’il y a peu, j’ai appris que ma tante, en son adolescence, lavait par pure plaisir et pratiquement toutes les semaines, la belle Auto-Union F102 de ses parents.
On imagine difficilement de nos jours un adolescent se livrer à tel plaisir mais il faut dire que la bouille de la F102 devait y contribuer fortement.

La photo que vous avez sous les yeux, date de juillet 1965. Elle était pratiquement neuve car la F102 apparut dés 1964 pour déjà disparaître (ou presque…) en 1965.

Elle sera en réalité, la dernière « Auto-union ». Elle succédait à la F11 et F12 et donnait un dernier espoir à la firme alors associée avec Daimler-Benz qui, reconnaissons-le, battait quelque peu de l’aile.

Très moderne avec sa caisse autoporteuse désormais sans châssis, la F102 est munie de suspensions AV et AR par barres de torsion, de freins AV à disque « in board ». Sa tenue de route est réputée sure et son habitabilité, son vaste coffre sont remarquables.
La ligne est réussie, les surfaces vitrées sont importantes, bref, voilà une belle et bonne auto, avec un soupçon de sportivité du aux accélérations du moteur « 2 temps » (1175cm3 et 60ch).

Malheureusement, ce principe technique, pourtant très brillant, ne fait plus l’unanimité du public. C’est donc ainsi que, sous la houlette non plus de Daimler-Benz mais bien cette fois de VW, que la F102 reçoit un moteur 4 temps et qu’elle sera simplement rebadgée « Audi »… tout court!
En hommage donc au passé d’Auto Union et pour, hélas, faire oublier DKW et ses autos fumantes, le mot « AUDI » fait sa réapparition en août 1965.

Ainsi et sans le savoir, ma tante lavait avec amour, ce qui sera la fin d’une époque et le début d’une nouvelle ère avec, à la clef, la résurrection de notre firme préférée. Bien lui en soi!

Sa DKW fut malheureusement vendue en 1972 et nul ne connaît la fin de la vie cette voiture familiale mais, au moins par la présente, elle renaît quelque peu.

Jacques, Président « Audi Héritage »

© AUDI-HERITAGE 2008