Toute première fois… en Hollande,

samedi 28 et dimanche 29 septembre 2002

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Beaucoup d’entre vous se souviennent sans doute de la mémorable sortie estivale de juin 2005. Quel souvenir en votre compagnie, quel temps merveilleux nous avons eu, des paysages à couper le souffle au grand vent, quelques surprises inattendues dans le Zeeland, avec cette fameuse route des phares qui ressemble à un départ en pole-position, un programme que David et moi-même vous avions préparé! La chance était avec nous ce jour-là, et cette journée, nous en avons profité à 100% du début, avec les croissants et nos Audi sur la plage, à la fin, avec nous tous, les pieds dans la mer.

Nous allons vous en raconter une autre de sortie au pays des moulins.

Quoi, vous ne la connaissez pas? Vous n’avez pas souvenir d’avoir reçu un carton d’invitation? C’est bien normal : Nous ne vous connaissions pas encore. D’ailleurs, c’est bien simple, le club n’existait pas, tout simplement, puisque nous devons remonter la ligne du temps jusqu’en septembre 2002 ! Il y aura bientôt 8 ans, alors qu’Audi Heritage a été fondé officiellement en avril 2004.

Cette sortie chez nos voisins hollandais fut un grand moment, un weekend de deux jours, qui aura servi, à coup sûr, de tremplin pour envisager la création d’un club en Belgique. Une balade « prototype » si on veut, avec une bande de fous et leurs anciennes Audi, qui auront pris au compteur 900 km de plus. Quelques jours après cette sortie, David Van Ranst, qui avait repéré ma 90 quattro sur un site de recensement français, me contactait pour partager sa passion et son enthousiasme de la berline des années 80. Je lui présentais bien vite Fabrice et Jacques, et un peu plus tard, poussés au derrière par un Fage bien plus audacieux que nous, le club Audi Heritage voyait le jour. Une belle histoire entre amis, qui s’est élargie à vous tous, et dont nous ne pouvons plus nous passer.

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Mais revenons à cette balade de deux jours, que nous aimerions à nouveau vous proposer, à moyen terme. Car même si nous avons recentré nos sorties 2010 en Belgique, pour ne pas perdre trop de temps sur les routes, ne pas rentrer trop tard et épuisés, pour passer un maximum de temps tous ensemble, nous rêvons de revivre ces deux jours que nous allons vous raconter, avec quelques illustrations d’époque, presque vintage, poussiéreuses à souhait, des photos argentiques d’ailleurs. Et oui, nous sommes tout de même en 2002. Ça fait un bail!

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Début 2002, alors que les contacts entre passionnés belges et français commencent à prendre de l’ampleur grâce notamment à Internet et Audi Sport Collection, on constate que les rencontres sont fort sympathiques et apportent à tous du bonheur. Toutefois, l’initiative en revient toujours à nos amis français. Il me vient alors l’idée de lancer un mini-trip en Hollande, pour le côté belge, car les seuls clubs qui nous permettent des liens entre passionnés sont français, et nous ne pouvons pas toujours descendre dans ce beau pays pour toutes les activités. Une invitation est rédigée, et lancée de manière informelle, par mail, à tous ceux que nous connaissons, en Belgique et en France.

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La Hollande, ce n’est pas le bout du monde, mais venant du nord de la France, cela fait tout de même quelques kilomètres supplémentaires. Bien que cordialement invités, nos amis français ne pourront se libérer pour se joindre à nous. En Belgique, comme toujours, il est difficile de tenir compte de l’agenda de tous. De plus, l’arrière-saison arrivait à grand pas. Il fallait se presser pour partir avant l’arrivée du mauvais temps, qui aurait tout compliqué et gâché.

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Mais parlons-en du temps. Une semaine avant notre départ, il est mi-figue mi-raisin. Je m’en souviens bien car Jacques et moi-même étions partis en reconnaissance à bord de sa délicieuse A4 2.5 tdi, du côté d’Amsterdam, pour s’assurer que le programme tenait la route, et que les attractions prévues étaient judicieusement sélectionnées, avec l’aide de nos revues touristiques.

4 voitures seront finalement au départ, Sabine et Guy avec leur Audi S4 break, Andrée et Thierry en Audi 100 CS quattro, Jacques et sa maman en Audi urquattro (oui, vous avez bien lu, le petit Hugo venait de naître et donc Carine n’était pas du voyage, mais la maman de Jacques sera pour nous une adorable découverte et une bien joyeuse compagnie), et enfin ma co-pilote et moi-même en Audi 90 quattro.

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Le samedi 28 septembre 2002, après une nuit un peu agitée, nous partons de bonne heure de Namur. Jacques nous rejoint vers 6h30 et nous filons à notre premier point de rendez-vous pour récupérer Andrée et Thierry, sur un parking de l’autoroute entre Bruxelles et Anvers, aux alentours de 7h30, et Sabine et Guy un peu plus loin après la frontière. Tout le monde est bien là ? Oui !

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Clic clac, photo !

Nous pouvons donc continuer notre trajet de 3 heures, uniquement sur autoroute. Direction Zaandam, en passant par Utrecht et Amsterdam. Pas très amusant de se suivre, avec quelques ralentissements, mais la récompense sera de taille, lorsque, vers 10h00, nous arriverons avec le soleil au premier arrêt de notre aventure au pays du Gouda.

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Nous avons en effet prévu, afin de nous mettre dans l’ambiance de la région, de visiter un quartier musée, le Zaanse Schans, situé le long de la rivière Zaan. Après tous ces kilomètres, une petite balade en plein air, à déambuler entre les anciens moulins des XVII et XVIIIième siècles, et les pittoresques maisons en bois vertes plusieurs fois centenaires, nous fera le plus grand bien. Beaucoup de rires et de complicité déjà. C’est bien parti.

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Dans ce Zaans Museum vivant où travaillent encore des artisans, on peut découvrir une fonderie d’étain, un magasin maritime, des moulins à grès et de meulage, un moulin à huile, un moulin à scier le bois et une saboterie, une ancienne boulangerie, une fromagerie, un moulin à peinture, un moulin à moutarde, un atelier des costumes et j’en passe.

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Un véritable petit zoning industriel typique des temps passés qui fonctionne encore. Nous avons pris notre pique-nique sur place, dans les jardins, en regardant tourner les moulins au gré du vent. Plus tard, vers 1850, c’est la machine à vapeur qui viendra prendre la place de ces moulins. 13 exemplaires ont toutefois survécu.

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Mais ce n’est qu’une petite entrée, car le plat de résistance arrive en début d’après-midi, non loin de là, à Zaandam toujours, dans le nord d’Amsterdam. En effet, pour visiter la Zaanse Streek, sa nature, ses canaux, nous avons réservé 4 superbes Sportboot pour une demi-journée, de 13h30 à 17h00. Inoubliable !

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Regardez plutôt les photos : Le soleil brille, nous sommes seuls sur les canaux, parfois en dessous du niveau de la mer, nous avons 4 petites embarcations dynamiques et maniables à souhait, et le paysage est de toute beauté, dans une nature protégée.

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Je vois bien le club partir en groupe avec ces Sportboot, pas vous ? D’ailleurs, il ne suffit pas de tourner le volant et de mettre les gaz à fond. Lors du départ, la longue ligne droite bien large du canal ne nous permet pas de mettre nos talents de pilote à l’épreuve, mais bien vite, il s’agit de passer dans des «tunnels d’eau» assez étroits, de baisser la tête en franchissant une mini-écluse ou de se laisser glisser sous un mini-pont, d’éviter des bords de berges trop peu profonds, de ne pas s’engager dans des voies sans issue et dangereuses pour les hélices.

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C’est très stressant au début, et très amusant en final. Il faut parfois recommencer la manoeuvre à plusieurs reprises, puis une fois l’obstacle franchi, quel bonheur de regarder les copains derrière qui ne passent pas non plus facilement et de rire d’eux face à leurs maladresses, comme ils ont dû bien se gausser des nôtres. Chacun son tour. Thierry a d’ailleurs remporté la médaille des plus beaux travers. Un bateau, cela ne se pilote pas comme un 100 CS quattro, des comme ça, on n’en fait plus !

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Après une bonne heure de navigation, nous commençons à réaliser que le bruit du moteur s’est assez fait entendre et que réduire la cadence et la vitesse de nos bateaux nous permettrait de profiter d’avantage de la faune et de la flore qui ne manquent pas d’atouts. C’est aussi l’occasion d’échanger quelques commentaires enthousiastes, de refiler le volant aux dames et de visiter quelques ruelles «aquatiques» qui s’empruntent avec le Sportboot, au ralenti. Des ruelles habitées, svp!

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Et c’est très bucolique, comme longer un joli parc à l’entrée d’un quartier résidentiel! Dans ce pays, on peut aller travailler en bateau, faire les courses en bateau… C’est bien la particularité de cette région, qui a su marier à merveille les zones urbaines et modernes avec la tranquille ruralité de ces lieux naturels, paradis des oiseaux d’eau, à l’aise au milieu des petites îles, écluses et prairies.

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Ce trajet sur l’eau, dans la Redoute Zanoise, c’est loin d’être une promenade de tout repos. Les signalisations sur l’eau sont bien différentes de notre code de la route. De plus, il n’y a pas de panneaux directionnels et on ne peut se diriger qu’avec une carte «maritime» spéciale de la région, qui nous est remise avec le bateau.

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Pas de GPS, pas de repère. Nous n’avons que la carte pour nous localiser. Chaque croisement de deux canaux est donc une invitation pour se perdre définitivement. Ce sont des milliers d’hectares de plans d’eau différents les uns des autres et reliés par des voies navigables envahies par la végétation et les oiseaux.

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C’est donc un véritable rallye d’orientation en plein Waterland et nous veillons à rester en groupe, car il n’est pas question de revenir trop tard à notre lieu d’embarcation. Pas seulement pour récupérer la caution, mais aussi pour mériter le dessert… En effet, le but est d’arriver sur la grande digue du Nord, non, que dis-je, de rouler sur la digue du nord, avant le coucher du soleil.

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La digue du Nord ? De quoi s’agit-il ? Va-t-on vraiment faire aussi bien que Moïse et traverser la mer à 5 pattes, sans mettre de l’eau à nos moulins? Oui! Nous arrivons un peu avant 19h à l’entrée de l’Afsluitdijk (digue de fermeture). Le soleil est encore là mais commence à prendre de jolies couleurs orangées lorsque nous nous arrêtons quelques kilomètres plus loin à Breezanddijk, à mi-chemin, sur la digue.

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Cette route est posée sur l’eau et sert de digue pour assécher et préserver de vastes zones habitables des inondations, et créer un réservoir d’eau à perte de vue dans un ancien golfe de la mer du Nord. L’arrêt de Breezanddijk est aménagé pour contempler la vue à couper le souffle.

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Et du souffle, il en est question, puisque nous avons la possibilité d’emprunter à pieds l’escalier d’un bâtiment érigé en hauteur et qui domine la digue, cette digue qui longe la mer d’un côté et le lac de l’autre.

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Âmes sensibles s’abstenir ! Le vent souffle avec force et il n’est plus question de frimer en t-shirt comme sur les bateaux. Tout le monde est aux anges face à cette immensité d’eau tout au nord des Pays-Bas. Les visages sont orangés et les joues rouges, les yeux brillent.

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Nous immortalisons ce grand moment aérien durant lequel le soleil fait ses adieux pour quelques heures à la mer. On se regarde sans rien dire, le moment est magique et restera à jamais gravé dans nos mémoires.

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Un peu plus bas, nos Audi se reposent en «flottant»… et nous attendent, car il faut déjà poursuivre la route. L’ouvrage, qui date de 1927, ne fait pas quelques centaines de mètres, mais bien 32 kilomètres de long. Nous ne sommes pas encore à la moitié de la traversée.

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L’Afsluitdijk va nous permettre de rejoindre la terre ferme, en passant de la province septentrionale à la terre frise, le Friesland, à la lueur des phares. Et cette fois, pour terminer la journée en beauté, nous ne sommes plus seuls. Nous croisons un rallye historique d’ancêtres de toutes marques, des anciennes plus belles les unes que les autres. Des petits bijoux. Voilà une belle surprise.

Mais revenons aux choses sérieuses : Le logement, que nous avons réservé pour la nuit. Les dames s’impatientent. Nous quittons la route principale et nous engageons sur des petits chemins campagnards et sombres. Je vois mes compagnons me suivre en toute confiance… Je suis moins à l’aise qu’eux… Ma copilote me tend la carte. Oui, c’est le bon chemin, on peut replier les itinéraires.

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Nous arrivons à bon port chez l’habitant, qui nous accueille dans une ancienne ferme bicentenaire et complètement restaurée. Chambres d’hôtes, mais aussi table d’hôtes, et les propriétaires nous ont permis de composer avec eux le menu du soir lors de la réservation. L’accueil est sympathique, les alentours à la hauteur de nos espérances pour y passer une douce nuit, et les chambres sont confortables. Nos voitures sont en sécurité sur le domaine.

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Les ventres sont creux. Le grand large ouvre les appétits. Vite une douche. Nous ne tardons pas à rejoindre tous les huit le salon pour un apéritif très régional, accompagné de petites délicatesses artisanales des producteurs locaux. Un régal. J’avoue que je peux enfin souffler, soulagé et heureux que tout se soit déroulé comme prévu. Ce n’est pas une question de fierté, mais j’aime une organisation parfaite, sans imprévu, sauf si ce sont d’heureuses surprises qui viennent ajouter un plus à l’escapade, car nous aussi nous aurons droit à un arrêt forcé sur l’autoroute pour laisser passer un bateau, juste avant la grande digue.

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Nous passons à table et les conversations ne cessent de revenir sur les joyeux moments que nous avons passés tous ensemble dans ce pays méconnu.

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Dimanche matin, pas de grasse matinée. Les plus courageux sont déjà allés se balader dans le jardin, avant le petit déjeuner, que nous dévaliserons. Nous prenons congé de nos charmants hôtes. Direction les grands lacs du Nord qui se succèdent.

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Nous aurons l’occasion de visiter un petit port de plaisance fort pittoresque.

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Certains se laisseront tenter par un petit souvenir dans l’une des authentiques boutiques, non loin du centre d’un village de pêcheurs. A nouveau, il fait beau, calme, c’est très ressourçant.

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Nous avions convenu de décider ensemble du programme de la journée, en fonction des envies et du climat. Finalement, tous se laissent tenter par un arrêt à Lelystad, sur la route pour redescendre vers la Belgique. Nous allons y visiter le Bataviawerf. Il s’agit d’un chantier naval, spécialisé dans la construction artisanale et l’archéologie navale. On y construit donc des bateaux historiques en bois afin d’assurer des formations pratiques à de jeunes artisans.

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Le Batavia était un bateau de la compagnie des Indes Orientales. En juin 1629, lors de son premier voyage, ce navire long de 55 mètres et ses 341 passagers disparurent en mer (un peu comme le Titanic) devant la côte australienne, ne rejoignant jamais sa destination, Java. En 1985, un groupe de jeunes et leur chef de chantier travaillèrent à la reconstruction du bateau.

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Il est à l’eau et est un exemple en matière de reproduction fidèle et authentique de navires du XVIIième siècle. Le vaisseau amiral des 7 provinces date de 1665 et a participé à de nombreuses batailles navales.

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Après 30 années de bons et loyaux services, le navire appartenant à l’amirauté de Rotterdam, fut mis au rebut, en 1694. On peut admirer ici sa reconstruction comme à l’origine, à la méthode hollandaise.

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Juste à côté du chantier Batavia se trouvent bien d’autres centres, pavillons à visiter, sans parler d’un shopping center unique, pour ces dames… un dernier verre y sera pris. Car voilà, l’heure avance.

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On travaille le lendemain. Il est grand temps de saluer ces Lage Landen et de leur dire à très bientôt. Retour en groupe. Je pense que nous nous sommes arrêtés dans un restaurant indonésien à Edam, pour le repas du soir, mais ma mémoire me joue des tours…

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Le lendemain, ma boite à messages était déjà bien fournie…

Andrée et Thierry m’écrivaient : «juste un petit mot pour te dire que faire mieux, c’est impossible, et que l’adjudant-chef est enchantée. Félicitations»

Sabine et Guy : «la dernière photo de ce voyage a été prise par un illustre inconnu, tout de bleu vêtu… merci aux participants de ce week-end magique, le boulot était bien triste ce matin»

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Jacques et sa maman : «je tenais à vous dire que votre compagnie fut un vrai régal. Maman et moi-même avons le cafard. On ne cesse de parler de ce voyage !»

Enfin, vous voyez ce que je veux dire. Nous avons nous aussi si souvent le blues, le lendemain d’une balade du club et les messages abondent sur le forum.

La preuve que nous avons bien vécu là la première balade du club, avant l’heure.

Vivement refaire ce grand tour des moulins et des digues avec vous tous !

Pat

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© AUDI-HERITAGE 2010