Une DKW F8 qui revient de loin… il fallait oser!

Les voici de retour, Riette et Michel, notre charmant couple belge vivant en Provence, et leurs histoires aux 4 anneaux. Après la DKW 1000 que Léon Bataille mettra à l’honneur sur RTL TVi, voici une autre de leurs étonnantes et courageuses aventures…

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La restauration osée d’une DKW F8 datant de 1939. Elle était en pièces détachées, en Hollande, à Eindhoven , me confie Michel. Nous étions en 1993, me précise-t-il.

En morceaux donc, et une carrosserie tout en bois, enfin… une épave, dirons-nous car tout était pourri, rongé. Un passionné hollandais l’avait achetée quelques années plus tôt du côté d’Utrecht, complète. L’intérieur était aussi ravagé que pourri. Ce propriétaire précédent, qui finira par se décourager, avait fait quelques clichés à l’achat, témoigne du courage qu’il faudrait à l’acheteur suivant pour la sauver.
Tout était à refaire, tout. Deux ans de travail seront d’ailleurs nécessaires à Michel pour la remettre sur la route et tourner la clef de contact!!!
Au niveau mécanique, il n’y avait plus rien de bon sous le capot. Il a fallu démonter tout le moteur, un 2 cylindres de 700 cc et 20 cv, et remettre le vilebrequin en ordre. Et ne parlons pas de l’embrayage, un multi-disques à chaîne à bain d’huile, 3 vitesses non synchronisées, avec double débrayage donc !

Il a fallu aussi reconstruire le radiateur avec un nid d’abeille fait sur mesure, garnis d’alvéoles faites à l’ancienne… imaginez la patience exigée pour ce travail de précision !
Les moindres détails ont été soignés : les flèches de direction, pièces rares s’il en est, ont été restaurées. Michel a même pris le temps de redessiner les cadrans du tableau de bord à l’encre de chine, car le précédent propriétaire avait fait un nettoyage à l’alcool et les chiffres en avaient beaucoup souffert.

Quant au volant, il a tout simplement été ressoudé.

Bien entendu, il y a eu des moments de découragements. Car à côté de toute la mécanique, le travail de reconstitution de la carrosserie s’annonçait tout aussi fastidieux… Un boulot de menuisier.
Il fallait, par exemple, trouver du frêne bien sec : une fortune !
Pour les portes (il n’y avait que l’encadrement), du bouleau contre-plaqué galbé de 4 mm a été sélectionné par Michel. Le recouvrement en tissu fut collé sur ces plaques…


Riette a restauré les sièges, son défi à elle. Il a fallu 13 mètres de tissu pour restaurer l’intérieur. Ce tissu a été choisi dans un magasin d’ameublement qui liquidait pour 5.000 FB une fin de stock. Tout est capitonné dans cette voiture. Imaginez le travail… de Madame.


La capote a été confiée à une tierce personne et refaite à l’état neuf.
Et une fois sur la route, qu’en dire de cette belle DKW F8, enfin sauvée ?

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Comparée avec nos voitures d’aujourd’hui et le trafic moderne, cette DKW F8 est très délicate sur route, avoue Michel. La moindre bosse se ressent et ce n’est pas très puissant. Il ne s’agit pas de faire un accident…

Qu’est devenue cette voiture superbement restaurée ? La F8 de Michel a été  revendue en Allemagne, mais Michel et Riette ont bien d’autres histoires à nous raconter.

A suivre…

Patrick